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RZA et DJ Scratch font danser les platines avec « Saturday Afternoon Kung Fu Theater »DJING
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RZA et DJ Scratch font danser les platines avec « Saturday Afternoon Kung Fu Theater »

Le Stagiaire·22 juin 2026·2 min de lecture

Photo : Pexels (Pixabay License) via Pixabay

Quand deux figures majeures du DJing US unissent leurs forces autour d'un projet instrumental centré sur le scratch et le turntablism, c'est un événement que la scène hip-hop ne peut ignorer.

L'alliance d'une légende et d'un maître du scratch

RZA, architecte sonore culte du Wu-Tang Clan, s'associe à DJ Scratch, l'une des figures les plus respectées du turntablism américain, pour sortir « Saturday Afternoon Kung Fu Theater ». Ce n'est pas un disque rap — c'est un manifeste instrumental où la platine devient instrument principal, où chaque groove est construit sur des techniques de scratch époustouflantes.

DJ Scratch, déjà reconnu pour ses productions aux textures complexes et son approche du scratching façon old-school revisitée, amène ici toute son expertise technique. RZA, lui, fournit la colonne vertébrale orchestrale, les samples cinématographiques et cette atmosphère cinematique qui le caractérise depuis les années 90. Le résultat : un dialogue entre deux visions du DJing qui se respectent mutuellement. Les clips déjà disponibles — notamment « Fate Of The World » — montrent des mixes où le scratch n'est jamais gadget, toujours narratif.

Un projet au-delà du simple feat

L'annonce de cette collaboration a circulé dans les cercles du turntablism avec l'enthousiasme qu'on réserve aux vrais événements. Là où beaucoup d'albums se contentent d'intégrer des DJs invités en guest, RZA et DJ Scratch construisent une œuvre cohérente où chaque plage prolonge l'autre. C'est du DJing de concept, pas du sampling opportuniste.

« Saturday Afternoon Kung Fu Theater » puise évidemment dans l'univers martial que RZA adore (cinema asiatique, sons de combats, dialogues de films kung fu), mais filtrés par la sensibilité scratch de DJ Scratch. Les break beats sont remixés, les samples écorchés au turntable, les transitions sculptées au scalpel du scratch. C'est un disque fait pour les platines, où chaque morceaux suggère déjà des possibilités de remix en live, de réappropriation par d'autres DJs.

Pourquoi ça compte pour la scène actuelle

Dans un paysage hip-hop où le beatmaking et la production occupent de plus en plus le devant de la scène, ce genre de projet rappelle que le DJing — le vrai, celui des platines, du scratch, de la manipulation temps réel — reste un art fondamental. DJ Scratch, contrairement à beaucoup de ses pairs, refuse la simplification : il scratche encore, mixe en live, challenge la technique constamment.

RZA, de son côté, renforce son statut de producteur sans frontière. Après des décennies passées à transformer le beatmaking en cinéma sonore, il se tourne vers le DJing non pas comme spectateur mais comme partenaire créatif. Le respect mutuel entre ces deux figures — RZA des années 90, DJ Scratch des années 2000-2010s — trace une continuité dans l'évolution du hip-hop instrumental américain.

Le projet arrive aussi à un moment où les sound systems, les batailles de scratching et le turntablism en général retrouvent de la visibilité. Entre les festivals internationaux de DJing et l'intérêt renouvelé pour les platines vinyle, la discipline sort de l'ombre où on l'avait reléguée. « Saturday Afternoon Kung Fu Theater » en est une preuve auditive : deux veterans du game qui refusent de vieillir tranquille et qui choisissent de dire des choses essentielles avec les outils les plus directs : les samples, les platines, l'électricité.

Le Stagiaire
Rédaction hiphop.fr · culture hip-hop (hors rap)
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